Au cœur de Kyoto, le parc Maruyama déploie ses cerisiers centenaires et ses jardins paysagers. C'est là que nous avons emmené un couple pour une séance photo, prétendument pour immortaliser leur voyage au Japon. Entre deux clichés sous les lanternes de pierre, nous leur avons proposé une activité typiquement japonaise : écrire leurs vœux sur des Ema, ces petites plaques de bois que l'on suspend dans les temples pour que les divinités les entendent. Tradition, amour, santé... Chacun inscrit ses prières les plus sincères.
Nous les avons menés vers un pont discret qui enjambe l'étang aux carpes koï. "Pour cette photo, échangez vos Ema sans les lire", avons-nous suggéré. Des plaques en forme de cœur, parfaites pour le cadrage romantique. Elle a souri, amusée par le jeu, et lui a tendu la sienne. Lui, plus nerveux qu'il ne voulait le montrer, a fait de même.
Quand elle a retourné la plaque qu'il venait de lui donner, son sourire s'est figé. Ses yeux ont parcouru les caractères une fois, puis deux. "Veux-tu m'épouser ?"
Elle a levé la tête. Il était déjà là, un genou posé sur les pierres du pont, une bague qui captait les reflets de l'eau en contrebas. Autour d'eux, les cerisiers bruissaient doucement. Une carpe a sauté, brisant le silence de l'étang.